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Editorial

 

Trouver sa cause

 Texte: Emmanuella St-Denis

 

Je ne suis pas née en Amérique Latine, ni sur le continent africain.  Je n’ai ni vécu l’Holocauste, ni Hiroshima.  On ne me force pas à porter le burqua ou à me bander les pieds pour qu’ils ne grandissent pas.  Je ne fais pas les poubelles et je ne dors pas sur les trottoirs de la ville à moins quarante celcius.  J’ai le droit d’être, d’apprendre, de vivre et pourtant, parfois il me vient une question : « SUIS-JE UN CORRIDOR OÙ PASSE UNE HISTOIRE DÉFIGURÉE?»1

Le simple fait d’avoir des principes, des valeurs, des croyances est un difficile fardeau dans notre monde.  Souvent, on m’a dit qu’il est impossible de toujours s’en tenir à ses principes et que le simple fait de ne pas manger chez McDo ou de ne pas acheter de vêtements chez GAP, ne changera rien à la situation.  L’Homme n’a d’autre sort que d’exploiter et de tuer et après tout, en quoi sera t-on utile si par nos beaux principes nous courrons à notre perte?

Le fait est que tout ce qui se passe sur la planète est étroitement relié à notre confort et qui voudrait sacrifier son confort pour les quelques milliers d’africains qui crèvent de faim, qui voudrait abandonner sa voiture pour sauver les générations futures?  Reste que notre confort n’est pas à toute épreuve.  L’effondrement du World Trade Center en est la preuve.  Si le gouvernement américain et les Nations Unies ne mettent pas les efforts au bon endroit pour que justice se fasse et qu’enfin on commence à se préocuper des gens qui crient à l’aide, veulent être, apprendre et vivre comme nous, c’est chez nous que la colère, la détresse explosera car NOUS sommes les seuls RESPONSABLES de la

famine, la pollution et la pauvreté.

 

J’ai choisi de vivre le plus possible en lien avec mes désirs de changer le monde et j’ai mis du temps avant de comprendre et de choisir les causes qui me semblaient les plus pressantes à régler. 

Photo : Jan Saudek

Le choix est difficile.  Le travail est infini.  Mais l’espoir est grand.  Il faut trouver sa cause, y travailler sans répit et peut-être que si chacun fait sa part, se concentre sur les enjeux qui lui tient à coeur, alors seulement nous finirons par vaincre les conflits du monde.  Mais encore faut-il connaître, comprendre et accepter les différences.  Reconnaître que notre vision du monde n’est pas toujours la meilleure et que nos choix ne sont pas ceux des autres. 

 

Lorsque j’ai décidé de m’investir dans le projet d’un magazine Internet, j’ignorais totalement où cela me mènerait.  Je ne le sais toujours pas, mais j’espère au moins que nous arriverons ensemble à DIRE les choses, à en prendre conscience et surtout à les CHANGER.  Je vous invite donc au coeur d’, dans ce premier numéro sur la GUERRE et je souhaite sincèrement que vous en ressortirez un peu changé et prêt à vous investir dans le monde.

 


[1]  Tiré d'un poème d'Hélène Dorion