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Israël :

 

le plan de guerre de Georges Bush

 

Texte : Anick Perreault-Labelle, Montréal

 

La situation en Israël est tendue… depuis la création d’Israël en 1948. Au cours des années, plusieurs ont tenté de mettre fin aux guerres, occupations de territoire et révoltes de ce minuscule et jeune pays. Le dernier à le faire a été le président des États-Unis Georges W. Bush.C’est à la Saint-Jean, lors d’un discours très attendu, qu’il a détaillé son plan de paix pour le Moyen-Orient. Mais les pistes qu’il propose ont peu de chance d’engendrer une entente entre les uns et les autres.  Grand supporter des Israéliens devant l’Éternel, Georges Bush a exigé que les Palestiniens fassent le premier pas. Et pas qu’un petit : pour que Washington accepte de les aider, ils « doivent élire de nouveaux dirigeants […] qui ne sont pas compromis avec la terreur ».

En clair, ils doivent se débarrasser au plus tôt de leur leader : le président de l’Autorité Palestinienne Yasser Arafat. Les Palestiniens doivent aussi engager des réformes qui mèneront à « de nouvelles institutions politiques et économiques basées sur la démocratie, l’économie de marché et la lutte contre le terrorisme ». Rien que ça!

« Si les Palestiniens poursuivent ces objectifs, continue Georges Bush, ils arriveront à un accord avec Israël […] sur la sécurité ». À ce moment-là seulement, « les États-Unis supporteront la création d’un État palestinien ». Si tout le monde s’y met, promet Dubya*, cela pourrait se faire en trois ans.

En 2005, ce ne sera pas pour autant l’occasion de savourer la paix. Les négociations devront continuer. Le président américain précise en effet que « les frontières [de ce nouvel état palestinien] et certains aspects de sa souveraineté seront provisoires jusqu’à ce qu’ils soient résolus par une entente finale pour le Moyen-Orient ».

 

D’ici là, les Israéliens ont aussi leur part à faire. Georges Bush demande qu’ils retirent leurs forces armées des villes palestiniennes qu’ils occupent depuis septembre 2000 – moment où la deuxième Intifada s’est allumée**. Par la suite, ils devront aussi quitter les territoires qu’ils ont envahis lors de la guerre de Six Jours de 1967 – comme l’exigent depuis 30 ans des résolutions votées par l’Organisation pour les Nations Unies!

La réaction du Premier ministre israélien Ariel Sharon au dicours américain a été positive. Et, étonnamment, celle de Yasser Arafat aussi – même s’il est resté silencieux à propos « des dirigeants non compromis par la terreur ». La communauté internationale, elle, a été plus réservée.

 

S. Pritchett.

http://www.pritchettcartoons.com/arafat.htm

D’abord, il est peu probable que les Palestiniens arrivent à réformer leurs institutions dans un avenir proche et donc, que le plan de paix fonctionne. Mais ce qui a davantage choqué les arabes et les démocrates est l’appel à un nouveau leader palestinien ue George Bush a lancé : quoi qu’on pense de Yasser Arafat, en effet, il a emporté son poste en bonne et due forme lors d’élections générales en 1996. Pour répondre aux critiques, le célèbre leader a même promis de nouvelles élections… qu’il a de bonnes chances d’emporter à nouveau. Et, si ce n’est pas lui qui gagne, a noté l’ancien sénateur américain George Mitchell, rien n’empêche « que quelqu’un du Hamas ou du Jihad Islamique [des groupes terroristes] succède à Arafat, ce qui rendrait la situation actuelle bien pire ».

 

W.Horvath: « Spiral of Violence I: Ariel Sharon »

http://www.medicalnet.at/horvath/sharon.jpg

Attention : Yasser Arafat a beau être élu, il n’a peut-être pas la paix à cœur. Les terroristes que ses policiers jettent en prison, par exemple, retrouvent bien vite la liberté. N’empêche : c’est avec lui que les négociations doivent se faire. Mais Ariel Sharon le refuse : il a déclaré que le chef de l’Autorité Palestienienne était « non pertinent » et a publiquement regretté de ne pas l’avoir « liquidé » au début des années 1980 alors qu’il en avait l’occasion. En réclamant le départ de Yasser Arafat – sans le nommer –, le président américain reprend donc largement la position d’Israël.

 

Est-ce bien étonnant? Depuis qu’il a été élu en novembre 2000, Georges Bush a rencontré Ariel Sharon six fois – mais n’a encore jamais serré la main de Yasser Arafat. De même, Washington supporte depuis longtemps l’État juif en lui vendant des armes… qui servent notamment à batailler contre les Palestiniens.

Les tenants et aboutissants d’une solution au conflit du Moyen-Orient sont pourtant simples : la paix contre la terre ou… la terre contre la paix. Les attentats arrêtent si l’occupation des territoires cesse, ou l’occupation cesse si les attentats arrêtent. Ce premier pas franchi par l’un ou l’autre des protagonistes, il restera malheureusement encore bien des questions à résoudre. Quelles terres seront libérées? Quelle sera leur capitale? Israéliens et Palestiniens revendiquent tous deux Jérusalem. Et qui habitera ces nouveaux pays? Il y a plus de trois millions de réfugiés palestiniens et il n’est pas certain qu’ils puissent tous revenir… En fait, la seule chose qui ne soit pas réellement négociable sont les négociateurs eux-mêmes. Mais George Bush et Ariel Sharon préfèrent ne pas l’admettre.

 

* Surnom de Gorges Bush qui vient de la prononciation anglaise de son initiale, « w ».

** Révolte palestinienne contre l’occupation israélienne. On l’appelle aussi guerre des pierres parce qu’entre 1987 et 1993 – lors de la première intifada – les jeunes palestiniens lançaient des pierres aux militaires israéliens.

Gaza strip : Bande de Gaza / Golan Heights : Plateaux du Golan / West Bank : Cisjordanie.

http://teacher.scholastic.com/newszone/specialreports/holy_land/map.htm